LE SQUASH

 

To squash » est un verbe anglais signifiant « écraser ». Des élèves de Harrow inventèrent ce sport en 1850. Ils avaient alors substitué une balle malléable à une balle de cricket. Le Squash naquit quand ils s’amusèrent à lancer cette balle « lente » contre les murs de leur vestiaire…

Devenu sport numéro un en Angleterre, devant le foot et le golf, le squash se joue aujourd’hui partout dans le monde. Il ne cesse de faire des adeptes : onCOMPTE ainsi quelque 402 clubs en France. Beaucoup le préfèrent au tennis pourtant fort en vogue au cours des dernières décennies.

Mise en forme

Ce sport requiert de violents efforts : trois quarts d’heure de match correspondent, du point de vue de la dépense énergétique, à 2 heures de tennis, 4 heures de golf ou 8 km de course à pied.


 

Le squash se cherche un avenir en France

Les championnats de France élite de squash se disputent à partir de vendredi 12 février et jusqu’à dimanche 14 février à Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône).

En France, la discipline, éternelle oubliée de l’olympisme, tente de se développer et de changer son image.

En novembre 2015, aux États-Unis, Grégory Gaultier est devenu le deuxième Français de l’histoire à s’adjuger la prestigieuse couronne mondiale après Thierry Lincou en 2004.ZOOM 

En novembre 2015, aux États-Unis, Grégory Gaultier est devenu le deuxième Français de l’histoire à s’adjuger la prestigieuse couronne mondiale après Thierry Lincou en 2004. / Staff/Reuters

Entre les Jeux olympiques et le squash, c’est l’histoire d’une succession de rendez-vous manqués. Le dernier en date remonte au mois de septembre 2015. Le Comité d’organisation de Tokyo 2020 a proposé cinq nouveaux sports (le baseball/softball, le karaté, le skateboard, l’escalade et le surf) pour intégrer le programme olympique laissant encore le squash à quai.

« Je suis complètement dévasté d’apprendre que notre rêve de faire partie des Jeux de Tokyo ne pourra se réaliser », avait assuré Rami Ramachandran, président de la Fédération mondiale de squashToutefois, il tenait à garder espoir : « Nous allons rassembler nos forces et poursuivre notre objectif pour un jour participer aux Jeux olympiques. »

« Les Jeux olympiques nous offriraient une forme de reconnaissance »

Car, l’entrée dans la « famille olympique » est considérée par tous comme une opportunité unique de donner un coup d’accélérateur au développement de la discipline, en France notamment. « Les Jeux olympiques nous offriraient un éclairage médiatique incroyable et une forme de reconnaissance, assure Bertrand Gallet, directeur technique national (DTN) de la Fédération française de squash (FFSquash) qui compte 30 000 licenciés, un chiffre stable. Certains sports qui sont devenus olympiques ont connu de grands bouleversements. » 

Ainsi le badminton qui a fait son entrée aux Jeux olympiques en 1992 comptait 24 000 licenciés durant la saison 1991-1992 contre 85 000 dix ans plus tard et plus de 180 000 aujourd’hui.

Le squash, l’un des sports individuels parmi les plus pratiqués au monde

Le squash rêve d’un destin similaire. Née en Angleterre au XIXe siècle, la discipline – l’un des sports individuels parmi les plus pratiqués au monde – possède encore une histoire jeune en France. La FFSquash n’a vu le jour qu’à la fin de l’année 1980, s’émancipant de la Fédération française de tennis.

Elle doit encore se battre contre certaines idées reçues qui lui collent à la raquette. D’abord, le squash est toujours perçu comme un sport élitiste, réservé à des cadres qui jouent lors de la pause déjeuner ou après leur journée de travail. De même, dans l’imaginaire de beaucoup, il serait dangereux pour le cœur car très exigeant sur le plan physique alors que rien ne permet de dire qu’il y a un risque cardiovasculaire particulier.

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Mais le frein principal au développement du squash en France est d’abord constitué par un manque criant de terrain sur le territoire. « Il y a moins d’un court pour 50 000 habitants (1 200 référencés) contre un pour 10 000 dans des pays comme l’Allemagne ou les Pays-Bas, indique Philippe Bosson, conseiller technique national en charge du développement des équipements à la FFSquash. Le maillage territorial est encore loin d’être complet : certains départements ne comptent aucun cours de squash. »

En France, le squash s’est développé sur un modèle de structures à caractère commercial

Le manque de structures pénalise fortement l’activité notamment en milieu scolaire. Contrairement au badminton qui peut se pratiquer dans n’importe quel gymnase, des élèves, pour faire du squash, doivent sortir et se rendre sur le court qui n’est pas forcément tout près.

Afin de dynamiser la pratique du squash dans les écoles, la FFSquash a signé une convention en 2014 avec l’Union nationale du sport scolaire (UNSS), un enjeu décisif pour séduire les jeunes. « Il y a une méconnaissance de notre sport mais quand ils essayent, ils découvrent une discipline ludique et beaucoup ont envie de revenir », assure Bertrand Gallet.

Si la FFSquash compte 30 000 licenciés, la discipline, elle, est pratiquée par 250 000 personnes ; un vrai atout. Car, en France, le squash s’est développé sur un modèle de structures à caractère commercial. Beaucoup de courts appartiennent à des organismes privés (centres multisports le plus souvent). La Fédération doit les convaincre de s’affilier à elle pour participer au développement du squash en France en accueillant une association qui puisse utiliser les installations.

Le rêve des JO 2024

« On assiste toutefois à une montée en puissance des structures publiques,explique Philippe Bosson. Le premier club de France, celui de Chartres (1 200 licenciés), est une structure municipale avec un complexe de huit courts inauguré en 2010. »

La Fédération investit beaucoup dans un travail de communication auprès des collectivités locales dans l’objectif de les convaincre de construire des équipements. La FFSquash est ainsi présente au salon des maires et des collectivités locales depuis 2015.

Mais pour développer l’image de la discipline auprès des organismes publics, rien ne serait plus efficace qu’une entrée aux Jeux olympiques. En cas de victoire de la candidature de Paris pour l’organisation des JO 2024, le squash français rêve d’être enfin de la fête.

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La France, poids lourd de la discipline sur la scène mondiale

Après quatre défaites en finale (en 2006, 2007, 2011 et 2013), Grégory Gaultier a enfin décroché le titre de champion du monde de squash. En novembre 2015, aux États-Unis, il est devenu le deuxième Français de l’histoire à s’adjuger la prestigieuse couronne mondiale après Thierry Lincou en 2004.

Parmi les dix meilleurs joueurs du monde, la France compte un deuxième représentant (8e) en la personne de Mathieu Castagnet. En outre, les Bleus ont décroché leur premier titre européen par équipes en juillet 2015.

Chez les femmes, les Tricolores ont aussi accédé à la finale continentale mais se sont inclinées, malgré la présence de Camille Serme (26 ans), cinquième mondiale. En 2015, cette joueuse est devenue la première Française à remporter le British Open.

Arnaud Bevilacqua
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Champion d'Europe par équipe senior 2017 # 2 titres PSA / 10 titres open national

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